TMC
 

Identification






Mot de passe oublié ?
La société de la connaissance et l'avenir de la Bretagne
J’ai eu le plaisir de participer ce vendredi à la rencontre organisée par l’Institut de Locarn sur ce thème prospectif. Après avoir signalé quelques points qui m'ont marqué, j'ajouterai naturellement mes propres réflexions et interrogations. 

Jean-Pierre Quignaux nous a d'abord présenté une analyse du centre de prospective et d’évaluation du ministère de l’industrie, dirigé à l’époque par Thierry Gaudin.

Un flash-back sur l’histoire des civilisations reliant temps, matériaux, énergie, biosphère, montre la spécificité de « l’anthropocène », ce moment présent où l’homme façonne son environnement. Au-delà de ce lien entre étude du passé et réflexion sur le futur, j’ai retenu plusieurs enseignements:

  • Un triptyque où des rapports de force entre trois pôles se retrouvent en tension :  les connaissances (sciences, Internet), le pouvoir (entreprises, État),  le vivant (hommes, biosphère).
  • Le développement d’Internet, loin de n’être qu’un épiphénomène, métamorphose les relations humaines, et conduira à une réelle « réorganisation du vivant »
  • L’identité se dématérialise : la représentation précède et prend le pas sur la présentation (échographies)
  • Les mondes virtuels répondent peut-être pour les nouvelles générations à des besoins de règles, rituels et sentiments d’appartenance que la société ne leur offre plus.
  • Les espaces publics de demain seront en partie virtuels, comme l’envisage le site culture d’univers

Ensuite, Jacques François Marchandise, de la FING nous a fait entrevoir une partie des travaux consacrés à « la prospective technologique et territoriale 2030 », et nous a invités à explorer les exploiter les « fiches variables » de la FING, notamment celles consacrées aux NBIC (nano-bio-info-cognition).

NB : Le dossier FING de 2006 Enrichir la dimension "TIC" de la prospective territoriale est téléchargeable ici

Les scénarios prospectifs présentés ont été construit sur la base de quelques alternatives :

  • le développement technologique sera-t-il incrémental ou de rupture ?
  • l’innovation sera-t-elle ouverte ou centrée sur des modèles propriétaires ?
  • La société répondra-t-elle favorablement ou non à ces technologies ?

Il signale une très grande différence de langage (représentations sociales, économiques et industrielles) entre le monde Internet et le monde NBIC.

Enfin Hervé Rannou a dressé un panorama des enjeux que représentent les pôles de compétitivité pour un territoire, et donné quelques points de repère économiques. Ces constats rejoignent en grande partie ceux de notre propre étude sur le design et les formations (ici ). En particulier, les difficultés à créer une dynamique d’innovation spécifique dans les PME.

Son interrogation sur l’absence de grandes écoles du logiciel en Bretagne mériterait d’être discutée. J’y vois un lien indirect mais fort avec le peu d’intérêt accordé aux enjeux d’utilisabilité, dont la prise en compte nécessite une liaison forte entre développeurs, créatifs, et gens du marketing. Savoir aborder conjointement la psychologie cognitive, les IHM et les scénarios d’usage sera au cœur de la conception des applications de demain.

Les participants semblent avoir retenu surtout son invitation à déployer du « très haut débit » sur toute la Bretagne, comme moteur à l’innovation. Si le reste de la journée avait paru ouvrir des pistes de réflexion utiles (que l’on a malheureusement pas eu le temps de travailler concrètement) ce moment m’a donné la triste impression de refaire un grand bond en arrière, et de revenir aux vieux démons du déterminisme technologique.

Quelques interrogations et envies d’approfondir me restent après cette journée :

1. Autour des univers virtuels et des NBIC : entre le biologique (matière) et le cognitif (représentations mentales), quelle est la place accordée aux autres dimensions humaines de l’expérience et de la vie ? A côté de « l’homme neuronal », travailleur et consommateur reprogrammable (*), considère-t-on que l’homme vivant, social, émotif, créatif, spirituel est hors sujet ou secondaire quand il s’agit de choisir les futurs possibles ?

2. Quels sont réellement les lieux de gouvernance de ces évolutions, et la place (légitimité, pouvoir) du territoire (villes, départements, régions) au sein d’une mutation mondiale ?

3. Jacques François Marchandise appelle de ses vœux les « consciences éclairées » pour s’emparer de ces thèmes. A côté des scientifiques et techniciens qui occupent bien le terrain, j’espère que d’autres paroles sauront se faire plus entendre, philosophe, sciences humaines, pour nous aider à choisir et à agir, indépendamment de tout déterminisme techno-scientiste.

4. Enfin, le lien entre « société de la connaissance » et « technologies de l’information » semble bien trop évident. Si les TIC, NBIC, et autres xIC, sont un support devenu indispensable à la capitalisation si à l’échange des connaissances, ne devrions-nous pas dans nos réflexions faire une place équivalente à la mobilisation des intelligences ?

Merci en tout cas à l’institut de Locarn d’avoir pris l’initiative de cette rencontre, dont j’attends avec impatience la suite.

 

(*) un dessin illustrant l’un des exposés mentionnait discrètement l’activité « buy-ology ». Y viendrait-on ?

Humour enfin : Dans la série « les mystères de la reconnaissance vocale », voici la perle du jour (plutôt sympa) :
« L’institut de Locarn » est devenu par la grâce de mon logiciel « l’institut de l’âme ».

 
< Précédent   Suivant >

© 2017 TMC
Joomla! est un logiciel libre distribué sous licence GNU/GPL.
Template Design by funky-visions.de & Open Log